Développement d'un protocole
intégré et évolutif de gestion pour le Canard
Noir
La présente page Web décrit l'état d'avancement ainsi que le travail en cours d'une étude visant à évaluer la possibilité d'utiliser la gestion évolutive de la récolte (GERE) pour l'élaboration d'une stratégie internationale de récolte du Canard noir (Anas rubripes). Ce travail est effectué sous les auspices du Groupe de travail sur la gestion évolutive de la récolte du Canard noir, qui fournit un appui technique au comité de la stratégie internationale de la récolte du Canard noir, composé de gestionnaires du Service canadien de la faune (SCF) et du U.S. Fish and Wildlife Service (USFWS), à qui incombe l'élaboration d'une stratégie internationale de prises. Ces travaux du Cooperative Fish and Wildlife Research Unit de la University of Georgia sont appuyés par le Plan conjoint sur le Canard noir (PCCN), et ils bénéficient d'un financement de la Biological Resources Division, du USGS, du USFWS et du SCF. Vous trouverez sur ce site Web des comptes rendus, des mises à jour et des outils de modélisation que vous pouvez utiliser librement à condition de faire mention du Groupe de travail sur la gestion évolutive de la récolte du Canard noir. Les utilisateurs affirment avoir lu le contrat d'utilisation et y consentent.
Le fait de ne pas comprendre suffisamment les facteurs qui influencent la dynamique des populations de Canards noirs nuit à la gestion scientifique de cette espèce. Il s'ensuit que les intervenants ne s'entendent pas sur les moyen d'interventions de gestion permettant d'arrêter le déclin des populations de Canards noir, en particulier en ce qui a trait à la réglementation de la récolte. La gestion évolutive de la ressource (Walters 1986; GERS) est un processus qui, en cas d'incertitude, permet de prendre une décision assurant à certains objectifs une valeur optimale, tout en réduisant à la longue l'incertitude. Plus précisément, le but de la gestion évolutive de la récolte (GERE) (Johnson et al. 1993, 1997; Williams et Johnson 1995) est d'atteindre un objectif de prises à long terme via des décisions se rapportant à la réglementation annuelle sur les prises. Ce qui suit met l'accent sur la GERE, c'est-à-dire sur l'objectif et les décisions de gestion relatifs à la récolte . Cependant, comme il est mentionné ci-dessous, un examen plus étendu de la GERE, y compris des objectifs qui ne se rapportent pas aux prises ainsi que des décisions de gestion autres que les règlements nécessaires pour atteindre les objectifs se rapportant aux prises, aurait certainement aussi sa place.
Au cours d'un contrat antérieur (Developing Models of Black Duck Populations in North America), quatre hypothèses principales expliquant les fluctuations des populations de Canards noirs ont été identifiées : 1) l'habitat des sites de reproduction; 2) l'habitat des aires d'hivernage; 3) les prises; 4) l'interaction avec les Canards colverts (Anas platyrhynchos). Ces hypothèses ont été utilisées conjointement avec un modèle de population de Canard noir, chacune des hypothèses mentionnées ci-dessus étant résumée en termes de paramètres du modèle. Des données historiques ont ensuite servi à estimer les paramètres du modèle et à élaborer un ensemble préliminaire de modèles dont l'utilité éventuelle dans un cadre de gestion adaptative doit être étudiée davantage. L'objet du contrat proposé est de prendre appui sur le travail antérieur et d'élaborer et évaluer un prototype pour la gestion évolutive de la récolte du Canard noir.
Objectifs
1. L'élaboration d'un modèle stratifié pour tenir compte de deux à quatre populations de Canards noirs reproducteurs qui, tout au moins, représentent les différences essentielles entre les populations occidentales et orientales quant à l'état de l'habitat et l'influence des Canards colverts. Ce modèle devra presque certainement être lié explicitement au modèle existant pour les Canards colverts de l'Est.
2. L'élaboration d'une fonction d'objectifs appropriée, comportant peut-être un lien explicite entre un objectif relatif au Canard noir et un objectif relatif au Canard colvert.
3. L'inclusion des unités administratives concernées (voir ci-dessous).
4. L'identification de l'état des principaux systèmes qui doivent être surveillés de manière à fournir de l'information quant à la prise de décision évolutive ainsi qu'aux échelles spatiale et temporelle qui nécessitent la surveillance. Ces progrès doivent se produire de concert avec la résolution de plusieurs questions stratégiques.
5. L'identification et la précision des buts et des objectifs d'un protocole de gestion évolutive. Il peut s'agir, entre autres : a) d'une récolte durable de Canard noir; b) d'une récolte durable de canard (c.-à-d. de Canard colvert ou de Canard noir); c) de l'intégration d'objectifs relatifs aux populations (Plan nord-américain de gestion de la sauvagine [PNAGS]); d) de l'intégration d'objectifs relatifs à l'habitat.
6. L'identification des unités appropriées de décision (p. ex. les prises). Nous tenons pour acquis qu'il y aura tout au moins plus d'une unité administrative (p. ex. régions, voies de migration) dans chacun des pays (Canada, É.-U.).
Tâches
Voici les tâches ou les étapes particulières devant être accomplies pour atteindre ces objectifs ainsi que certains résultats préliminaires ou certaines idées dans chaque domaine.
1. À partir des analyses effectuées aux termes du travail antérieur, élaborer un ensemble de modèles pouvant servir à l'optimisation évolutive.
La GERE permet l'intégration explicite de l'incertitude grâce à la délimitation de modèles de rechange, dont on suppose qu'ils englobent toutes les possibilités d'incertitude. Nous avons établi huit modèles représentant les différentes combinaisons (présence ou absence) de l'influence des principaux facteurs qui peuvent influencer la dynamique des populations de Canards noirs : l'état de l'habitat, les populations de Canards colverts et les taux de récolte. Dans l'addendum qui accompagne le rapport final du projet de modélisation pour le Canard noir, nous présentons certaines observations préliminaires quant à l'établissement de pondérations différentes pour chacune des possibilités, et peut-être pour l'exclusion de certaines, ce qui donne un nombre réduit de modèles. Nous pensons que cet ensemble de modèles (ou un ensemble un peu réduit) pourrait très vraisemblablement servir au lancement d'un processus de GERE, peut-être même avec des pondérations équivalentes pour chacun. Nous recommandons de consacrer d'abord des efforts à la mise en ?uvre d'un modèle très simple (p. ex. une seule population, une seule variable de décision) de GERE, et d'étudier les répercussions sur l'optimisation de la prise de décisions à une échelle plus ou moins petite selon la résolution de l'objectif, l'espace des décisions et l'espace de la situation et l'adoption d'autres pondérations (p. ex. égales par rapport à dérivées de manière empirique). Nous croyons que ces mesures constitueront, au cours des premières étapes, des moyens heuristiques très utiles pour faire connaître la GERE aux intervenants et pour planifier la mise en ?uvre éventuelle, plus détaillée, de la GERE et de la GERS pour le Canard noir.
2. En collaboration avec le Plan conjoint sur le Canard noir et d'autres intervenants, élaborer et intégrer des fonctions d'objectifs.
La formulation d'une fonction d'objectifs appropriée est absolument essentielle au processus de GERS; c'est aussi une question que doivent résoudre les gestionnaires et les décideurs, et non une question scientifique en tant que telle. Cependant, les principes et la théorie de la gestion scientifique des ressources orientent l'objectif en matière de GERE, puisque la notion de « durabilité » est au centre de la gestion de la plupart des ressources naturelles. Nous définissons une récolte « durable » comme étant celle qui ne provoque pas, à très long terme, la perte de la capacité de renouvellement des populations. On peut supposer qu'une valeur économique et d'autres valeurs sont inhérentes à la prise de cette ressource (p. ex. les prises annuelles de Canards noirs) si bien qu'il semble raisonnable de formuler l'objectif en ces termes : « Les prises maximales qui, à long terme, peuvent être effectuées sans provoquer la diminution de la population. » De fait, la théorie de la récolte (p. ex. Caughley 1977) nous permet d'exprimer notre objectif de récolte de la façon suivante :
où
est l'importance
des prises pour l'année t. En raison de l'horizon temporel infini, la
survie de la population est nécessaire pour qu'il puisse y avoir des
prises au cours des années à venir; les prises à court
terme effectuées aux dépends des occasions de prises futures est
exclue. Toutefois, il est vrai qu'il serait possible (du moins en
théorie) d'atteindre ce maximum tout en permettant à la
population de chuter à des niveaux sous ceux acceptables pour les
intervenants. Pour cette raison, les objectifs antérieurs de la GERE
étaient contraints de manière à pénaliser
l'objectif si les populations de Canards colverts chutaient sous les objectifs
du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine (USFWS et SCF 1986)
(cette contrainte a depuis été enlevée). Un objectif de
récolte tel que celui mentionné ci-dessus (peut-être
contraint par les buts du PNAGS) pourrait facilement être mis en ?uvre
par la GERE. Cependant, plusieurs autres considérations pourraient
entraîner la modification subséquente de cet objectif. D'abord,
il y a la question de l'affectation des prises. En principe, il serait
possible d'atteindre un objectif tel que (1) même si la
répartition est très différente entre les pays, les
États ou les provinces de chacun des pays, ou d'autres unités
administratives ou politiques. Par exemple, les mêmes prises maximales
à long terme peuvent être obtenues si 50 p. 100 des prises ont
lieu au Canada et 50 p. 100 ont lieu aux États-Unis ou si 100 p. 100
ont lieu dans un pays ou dans l'autre. Compte tenu de la nature internationale
de cette ressource partagée, il y aurait probablement beaucoup
d'insatisfaction si toute les prises devaient être effectuées
dans l'un ou l'autre pays pendant une période de temps assez longue, ou
peut-être même pour une année en particulier.
Évidemment, il est peu probable que ce genre de choses se produise,
compte tenu de la nature migratrice d'une espèce, à moins que la
saison de chasse ne soit fermée dans l'un ou l'autre pays.
Néanmoins, il pourrait être souhaitable, pour que les
intervenants des deux pays appuient la GAP, d'imposer une « contrainte
de parité » à l'affectation des prises, de manière
que l'objectif soit pénalisé si la répartition des prises
devait être sensiblement différente des répartitions
historiques récentes (à peu près égales pour les
deux pays). Des contraintes semblables pourraient être imposées
à des niveaux de résolution plus fins, mais pourraient se
révéler peu pratiques, grandement sous-optimales (du point de
vue de l'objectif général), ou les deux. Avant que toute
contrainte d'affectation des prises ne soit imposée à un
objectif de prises, nous conseillons fortement d'effectuer une recherche
approfondie quant aux répercussions et aux coûts de cette
approche. Le fait qu'il s'agit de la gestion d'espèces multiples
complique aussi l'objectif. Pour le Canard noir, le Canard colvert constitue
de toute évidence un facteur important, puisqu'il est possible que
l'état des populations de Canards colverts influence directement les
prises prévues de Canards noirs. Pour certains de nos différents
modèles, il serait certainement important de modéliser les
populations de Canards colverts afin d'intégrer cette influence dans
les modèles prévoyant les prises de Canards noirs en fonction de
différentes possibilités de réglementation. Cependant, il
semble raisonnable de se demander si le Canard noir et le Canard colvert
devraient être conjointement considérés dans la fonction
d'objectifs. Cette possibilité a des conséquences
intéressantes et importantes qui devraient être
étudiées au moyen d'essais de simulation. Par exemple, si la
valeur attribuée aux Canards colverts et aux Canards noirs est la
même dans les prises, il est possible d'exprimer un objectif
combiné de la façon suivante :
où
ont respectivement les prises annuelles du Canard noir et celles du Canard
colvert. Si, par contre, on considère que le Canard noir a deux fois
plus de valeur (p. ex. parce que la chasse au Canard noir est traditionnelle),
alors il est possible d'exprimer l'objectif comme suit :
Pour que cet objectif ait du sens, le problème décisionnel devrait également inclure la réglementation des prises du Canard colvert ainsi que de celles relatives au Canard noir. De nouveau, il faudrait étudier à fond les conséquences de l'inclusion d'espèces multiples dans un objectif commun, ainsi que les effets de différents facteurs de pondération.
Enfin, bien que nous ayons mis l'accent sur un objectif de prises, l'objectif pourrait comporter des objectifs relatifs à la population, mais non à la récolte, ou même donner explicitement une valeur à l'habitat (p. ex. pour les oiseaux aquatiques non considérés comme gibier). Des difficultés pourraient se présenter, cependant, au moment de décider comment accorder une valeur à ces composantes de l'objectif (p. ex. quelle est l'équivalence entre le nombre de canards pris et le nombre d'hectares de terres humides qui constituent des habitats) et donc de la pondération à utiliser pour les objectifs. Néanmoins, il pourrait valoir la peine d'étudier la possibilité d'inclure des objectifs qui ne sont pas liés à la récolte.
3. En collaboration avec le Plan conjoint sur le Canard noir et d'autres intervenants, élaborer des solutions de rechange.
Si la GERE est utilisée pour le Canard noir, les taux de prises peuvent être contrôlés, au moins en partie, par la réglementation relative aux prises établies aux É.-U. et au Canada. Cependant, comme nous l'avons déjà mentionné, la décision ne concerne pas le taux de prises (qui est en partie un résultat aléatoire), mais plutôt un certain ensemble de possibilités réglementaires assez complexes. En pratique, ces possibilités peuvent être groupées, et devraient probablement l'être, en ensembles discrets de règlements lesquels on croit ont des répercussions semblables sur les taux de prises et qu'il est possible de qualifier de façon générale de « restrictifs » (p. ex. des saisons relativement courtes et des limites de prises basses), « modérés » et « généreux » (saisons longues, limites de prises élevées), c'est-à-dire l'approche adoptée pour la GERE du Canard colvert. Pour traduire ces possibilités réglementaires en taux de récolte, il faut établir une relation empirique qui prévoit le taux de prises (moyen) pour chacun; l'inclusion de la « possibilité de contrôler en partie » exige également la modélisation d'une distribution statistique sur la valeur probable. Les données historiques sur les règlements relatifs aux prises et les taux de prises subséquents (évalués grâce à la récupération des bagues) pourraient servir à la création de ces relations (voir, p. ex. Johnson et al. 1997). De nouveau, cette approche relativement simple est rendue plus complexe du fait qu'au moins deux pays établissent en ce moment des règlements sur les prises, de façon largement indépendante l'un de l'autre. En outre, dans chacun de ces pays les règlements sont établis sur une base régionale ou en fonction des voies de migration, et mis en ?uvre dans les faits à l'échelle des États ou des provinces, ou même à une échelle spatiale plus réduite. Tout processus de GERE élaboré pour le Canard noir doit tenir compte de cette complexité et en arriver à un compromis entre la résolution beaucoup trop générale ou beaucoup trop fine. De plus, comme nous l'avons souligné ci-dessus, il peut être souhaitable et même nécessaire de lier le processus de décision relatif aux prises du Canard noir à celui d'autres espèces (en particulier le Canard colvert). Par exemple, un objectif conjoint Canard noir-Canard colvert (p. ex. équiv. à (2) et (3) ci-dessus) obligerait à tenir compte des règlements relatifs à chacune des espèces (p. ex. restrictifs pour les deux espèces, généreux pour les deux, restrictifs pour l'une et généreux pour l'autre). Pour un plan simple comportant trois niveaux de prises pour chacune des espèces, il s'ensuivrait neuf possibilités de stratégies communes quant aux prises. Nous avons déjà mentionné l'inclusion de décisions qui n'ont pas trait aux prises telles que la gestion de l'habitat, dans l'espace des décisions de la GERE. Si des décisions relatives à l'habitat sont incluses, il faut aborder de nombreuses questions, telles que (1) l'échelle spatiale à laquelle décrire (ou résumer) la prise de décision relative à l'habitat et (2) les diverses échelles temporelles auxquelles les décisions en matière d'habitat se prennent en général, par rapport aux décisions concernant les prises (à long terme plutôt qu'annuelles). Nous croyons qu'une approche intégrée prises-habitat éventuelle se révélera précieuse pour la gestion de la sauvagine en général, mais que des questions comme celles qui ont été posées ci-dessus créent des défis techniques et logistiques importants. Comme dans le cas de l'élaboration d'un objectif, nous recommandons de commencer par un espace de décision simple (p. ex. un taux général faible, moyen ou élevé de prises) et d'étudier ensuite, par la simulation, les répercussions des espaces de décision géographiques, relatifs à des espèces multiples, aux prises et à l'habitat.
4. Définition de l'espace de la situation et de la résolution des activités de suivi.
L'expression « espace de la situation
» signifie pour nous les diverses variables relatives à la
situation (surtout la taille des populations et l'état de l'habitat)
ainsi que la résolution spatiale et temporelle à laquelle ces
variables sont considérées comme mesurées et
représentées dans les modèles. Pour prendre des
décisions rationnelles sur la gestion de la ressource, nous devons
comprendre la situation actuelle du système (p. ex. le nombre de
Canards noirs reproducteurs, la superficie de l'habitat de reproduction).
À partir de la connaissance (ou d'une estimation) de cette situation,
d'une décision (p. ex. des prises généreuses) et d'un
modèle dynamique comme l'un de ceux que nous avons conçus, il
est possible de prévoir la situation future de ce système (p.
ex. le nombre de Canards noirs reproducteurs et la superficie de l'habitat de
reproduction pour l'année suivante) et, finalement, le rendement (p.
ex. les prises à long terme) d'une série de décisions
successives. Notre tentative de modélisation devrait établir
clairement qu'au moins certaines variables relatives à la situation
sont nécessaires pour la GERE. Il s'agit des variables suivantes :
Dans nos
essais de modélisation, nous avons décrit chacune d'entre elles
en nous servant d'estimations ou d'indices pour toute l'aire de
répartition, en raison à la fois de l'absence relative de
données détaillées à long terme et de la
nécessité de simplifier la modélisation à cette
étape de l'élaboration d'un modèle. Cependant, comme pour
la fonction d'objectifs et l'espace des décisions, la résolution
fine peut être nécessaire pour représenter
adéquatement le comportement dynamique des populations de Canards noirs
et peut être possible alors que des renseignements plus précis
deviennent disponibles (provenant, p. ex. des relevés constants du
Canard noir et du Canard colvert dans l'Est du Canada et des É.-U.).
Les différences de densité des populations de Canards noirs et
l'influence des Canards colverts dans l'Ouest du Canada par rapport à
leur influence dans l'Est semblent indiquer qu'il faut faire des
modèles pour deux populations reproductrices de Canards noirs, qui ont
des réactions distinctes aux Canards colverts, à l'état
de l'habitat et aux prises. En outre, il pourrait être souhaitable de
faire des modèles pour différentes populations de Canards noirs
hivernants (p. ex. celles des côtes par rapport à celles de
l'intérieur), dans la mesure où il est possible de
réaliser des relevés fiables de ces populations. Comme c'est le
cas pour la fonction d'objectifs et l'espace des décisions, il faut
découvrir jusqu'à quel point la stratification spatiale ou un
autre modèle de stratification entraîne la prise de meilleures
décisions, et si ce qu'on gagne en rendement objectif (c.-à-d.
les prises à long terme) vaut le coût de la complexité du
modèle (et l'accroissement concomitant des coûts et la perte de
la fiabilité, pour les situations mesurées à une
échelle trop petite).
De toute évidence, les données
relatives à la population, à l'habitat et à d'autres
variables relatives à la situation peuvent facilement être
recueillies, et le seront, à certains niveaux arbitraires de
résolution spatiale et temporelle, puis regroupées au besoin de
manière à obtenir la situation des modèles. Ce processus
ne fonctionne pas dans l'autre direction, c'est-à-dire que si on
décide de recueillir des données d'enquête à une
échelle spatiale agrégée ou à des intervalles de
plus d'un an, il ne sera pas possible de recréer des données
désagrégées pour la modélisation future. Nous
recommandons par conséquent, afin que le meilleur équilibre
possible soit atteint, que la modélisation et les activités de
suivi soient effectuées de concert.
Autres besoins en matière de données
Bien qu'elles ne fassent pas explicitement partie de l'espace de la situation de nos modèles, nos estimations des taux de reproduction annuels, des taux de prises, des taux de survie annuels et saisonniers (c.-à-d. d'hiver) sont essentielles pour la construction de modèles. Le suivi continuel de ces paramètres est nécessaire pour permettre la révision des prévisions relatives aux taux de croissance des populations et de celles qui se rapportent aux relations fonctionnelles entre les paramètres démographiques et les variables extrinsèques et intrinsèques. De nouveau, nos activités de modélisation ont dû, en raison de la pauvreté des données, estimer ces paramètres et ces relations pour toute l'aire de répartition. Des renseignements à plus petite échelle, correspondant par exemple aux populations de Canards noirs de l'Est et de l'Ouest, sont nécessaires pour nous permettre de déterminer si les relations fonctionnelles présentent une hétérogénéité spatiale importante, et de modifier les modèles en conséquence. Il faudra : 1) poursuivre les activités de baguage de segments de populations afin d'évaluer le taux de prises et de survie; 2) effectuer des analyses de dérivation des prises, afin de lier les ratios de l'âge des prises aux segments reproducteurs des populations; 3) poursuivre la surveillance de l'abondance du Canard noir, du Canard colvert et des habitats de reproduction dans toute l'aire de répartition.
5. Évaluer les répercussions éventuelles de la résolution du modèle et de l'échelle de la gestion sur la prise de décision optimale, en ce qui touche le gain en valeur (p. ex. les prises) par rapport aux coûts (en raison p. ex. de l'accroissement des besoins de données ou des fardeaux administratifs).
6. Selon les résultats de (1) à (5), élaborer
un protocole de travail pour la gestion adaptative du Canard noir, qui
pourrait entraîner l'établissement d'un protocole de GERS
commun pour le Canard noir et le Canard colvert.
7. À chacune des étapes de ce processus, maintenir
des communications étroites avec le PCCN et d'autres intervenants,
leur faire part de l'état d'avancement et recueillir leurs commentaires.
Participer à des ateliers afin de renseigner les intervenants sur les avantages de la GERS et sur les questions techniques qui s'y rapportent. La communication est ici un moyen d'échanger des vues, et non de « vendre » la GERE. Cet échange doit comporter une composante de transfert de l'information et d'éducation, si bien que les participants apprendront ce qu'est réellement la GERE (non ce qu'ils croient qu'elle est, ou ce qu'ils ont entendu dire à son sujet), et aussi afin que les personnes chargées des aspects techniques de la GERE soient au courant des préoccupations légitimes relatives au processus de GERE, et y soient sensibilisées.
Calendrier révisé (de juin 1999 à juin 2003)
This page last updated on 27 July, 2000.
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